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Interview de Monseigneur Mike

Son dernier album date de 2013, il est le fondateur d’Asstronaute et le réalisateur de toutes les vidéos du site comme de tous ses clips. Entretien avec Monseigneur Mike à l’occasion de la sortie de son nouvel album et de son court-métrage.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Alors, comment va le rappeur le plus cainri du game ?

(rire) Bien, très bien même. Je ne sais pas si je suis le rappeur le plus cainri du game mais je vais bien.

Tu sais que je dis ça parce que tu as ramené un style américain très tôt dans le rap français. Alors je te préviens, l’interview risque d’aller dans tous les sens. Tu es prêt ?

Je suis très prêt (rire).

Je mets cartes sur table ! Je t’en veux énormément Mike ! Tu sais pourquoi ?

Pourquoi ?

The Source Reloaded, Caine & O-Dog vol.2 et l’EP pour la fête de la musique… Tous ces projets ont été annoncés mais ne sont jamais sortis. C’est la flemme qui t’as eu encore une fois ?

Attends ( rire). Tu es sûr que The Source Reloaded n’est jamais sorti ? C’était lequel déjà ?

Sûr et certain ! C’était celui où tu avais fait le remix du son « My bitches love me » de Lil’Wayne pour la Saint Valentin.

Ah ouais ! Je parle pour rien dire en vrai (rire). La vérité, c’est que j’ai pleins de morceaux de toutes sortes chez moi. Je les mets des fois sur mon soundcloud dont j’ai carrément perdu le mot de passe ! (rire).

C’est la flemme avoue ?

Non même pas. Des fois j’enregistre des titres pour mon site Asstronaute. J’en fais 2-3 puis après je les laisse de côté. Mais effectivement l’EP dont tu parles devait s’appeler le « Black EP ». J’ai fait 6 morceaux mais le seul que je kiffais vraiment sera dans mon album qui lui sortira pour de vrai (rire). L’idée est de le sortir le même jour que mon court métrage « Cassandre ». Ils sortiront tous les 2 le 6 juillet.

 

Caine & O-Dog et Black EP bandeau

Caine & O-Dog vol.2 et Le Black EP jamais sortis…

De toute manière, moi qui te suis depuis plusieurs années je sais qu’il ne faut pas trop se fier aux dates avec toi. Es-tu sûr d’annoncer cette date pour tes deux projets ?

(rire) Oui je suis sûr.

Je ne sais pas si tu te rends compte mais ton premier projet « Rêves de Lascar » est sorti il y a déjà 17 ans. Tu te rends comptes de ça ?

Waaaaa… Je savais que ça faisait un bail mais 17 ans… J’ai la même réaction quand j’écoute des anciens disques cainris et quand je vois la date je me dis que c’est flippant. Et je me souviens très bien de ce projet et de tout le processus à l’époque…

Est-ce que tu te rappelles de la pochette ?

Oui très bien. C’était la pochette avec un délire Scarface avec ma tête dessus. C’est même moi qui l’ai fait cette pochette !

Ah oui ?

Oui ! Comme toutes les pochettes de toutes mes mixtapes  et albums à part celle de l’album avec Universal.

Une cover que tu n’aimes pas d’ailleurs…

Non pas du tout…

Et si tu devais faire un petit feedback de ta carrière jusqu’à aujourd’hui ? Penses-tu avoir fait les choses bien ? As-tu des regrets ?

Je pense avoir fait les choses comme je les sentais. Je n’ai jamais pensé que j’aillais un jour signer un contrat. A l’époque de « Rêves de Lascar » j’étais en indé et mon premier morceau que j’ai enregistré dans un studio professionnel c’était « uppercut ». Sinon, toutes les prises de voix des projets précédents étaient faites chez moi. Je dirais que mon seul regret, c’est qu’à l’époque d’Universal ( NDLR : le premier label chez qui était signé Monseigneur Mike) j’avais un tel budget que j’aurais pu avoir un gros featuring cainri comme R.Kelly par exemple. Et je pense sincèrement que mon album aurait prit une toute autre trajectoire.

Ah oui ? Tu disposais d’un budget de combien ?

Je disposais d’un budget de 100 000 euros. A l’époque Kelly demandait 100 000 dollars et c’était l’époque où l’euro était à 1,45 dollar… Il nous serait resté de quoi produire l’album et on aurait pu négocier avec lui pour un refrain et un clip. J’aurais pu faire un gros coup à l’époque mais malheureusement on a préféré tous se goinfrer ( rire).

J’aurai bien vu R.Kelly poser sur le morceau « Tête à Queue ».

C’est exactement le genre de morceau qui aurait pu coller avec lui. Je te parle de lui parcequ’à l’époque c’était mon délire de fou. Ca et puis 50 Cent / G Unit, Cassidy, Jadakiss… Et je pense qu’avec un son comme ça, mon label aurait fait le job. Ca aurait été la honte pour le label d’avoir 1 titre avec R Kelly et de pas arriver à le rentrer en radio (rire).

Et en espérant aussi qu’il sortent le son en été et pas en hiver comme le tube « Cocktail »

Oui aussi (rire). Mais même si le son était sorti en hiver, je pense que si Skyrock avait vu une grosse tête comme ça dans la tracklist, ils auraient jugé le projet autrement. C’était aussi mon manque de Buzz qui m’avait porté préjudice à l’époque. Ca et d’autres trucs…

Avec le recul, est-ce que tu penses qu’ils ont fait le nécessaire niveau promotion ?

Non pas du tout… (petit soufflement). Ils ont juste fait le minimum qu’ils devaient faire avec le clip « Gangsta Rap au Champagne ». Ils ont plus fait avant que l’album sorte qu’après. Quand ils ont vu que Skyrock ne voulait pas jouer le jeu, ils ont tout doucement laissé tomber. Quelques pages dans les magazines et un partenariat avec Générations mais rien de plus…

C’est dommage car il y avait des titres à exploiter comme « Pourquoi »,…

(interrompu) Ah mais on devait le faire ! J’avais même l’idée du clip avec un car scolaire américain et des enfants sur un playground mais finalement on a fait « Gangsta Rap au Champagne » car Générations préférait ce morceau. Mais j’ai réussi à récupérer le son et j’ai pu le clipper en 2012 avec mon gars Nakk Mendosa.

Et si tu avais une nouvelle fois l’occasion de choisir tes clips, est-ce que tu aurais clippé « Carte postale du paradis » ?

Ah mais c’était prévu aussi à la base (rire). Mais tout le bugdet est parti dans un seul clip. Celui de « Cocktail ». On croyait que ça allait être un banger comme « Lean Back » (rire).

Revenons à ton 2ème album « Golden Boy » ! Il y a des titres qui m’ont frappé comme « Jouets », « Dernière Fois » et dans un autre style « Rosa Acosta me Fait la Vaisselle ». On sent dans ces sons que les femmes te résistent un peu. Ce n’est pas trop dur pour un player comme toi ?

Ca ça a toujours été le cas ! Quand tu écoutes « Jackie Brown » on voit que c’est la femme qui me la met à- la fin (rire). Et je trouvais que c’était aussi une belle morale et une belle manière de clôturer l’album. J’ai voulu exprimer la même chose dans Golden Boy et dans mon court métrage. Et puis il y a le karma aussi. La roue tourne et donc à force d’écraser les meufs tout le temps, la vie se venge sur toi.

Est-ce que ce n’était pas trop difficile justement pour toi de faire des morceaux « clashs » comme jouets ?

Non pas du tout ! Dans la vie de tous les jours je suis un charieur c’était facile et puis c’est bon enfant. Au début j’ai été influencé par des mecs comme Dany Dan dans son attitude cainri ou Nakk Mendosa dans leurs manière d’utiliser des jeux de mots ou de construire des punchlines. Et puis mon mode de vie avec mes potes a aussi influencé mes textes. Quand j’ai commencé à faire de la musique sérieusement, je sortais beaucoup. Je consommais beaucoup d’alcool et fréquentais des meufs et ça s’est entendu dans mes textes (rire).

D’ailleurs en parlant de Nakk, vous êtes très potes vous deux je me trompe ?

Ouais de ouf! Pour beaucoup de gens, on a un rap très différent lui et moi mais en réalité on a la même vision du rap même si on aborde des thèmes différents. Les gens verront Nakk plus proche d’un rappeur conscient mais en réalité, il se sent plus proche de moi (rire).

Est-ce que Mike est toujours «Inmichtonable » ?

Toujours (rire). Il n’a jamais été question d’autre chose même si je suis dans un milieu où il y a beaucoup de michtonneuses. Et puis les meufs sentent lorsqu’elles se trouvent devant un pigeon ou pas. Elles ont le flair pour ça (rire).

Je te pose la question pour savoir comment tu aurais réagi à la place d’André Ayew avec son affaire avec la rappeuse Shay ?

Je sais même pas si ce truc est vrai. Tout ce que je peux te dire c’est que si une meuf me dit qu’avant de pouvoir parler avec elle je dois lui offrir un truc je lui dirai « Nique ta mère » !! C’est impossible ça! Qu’elle demande une voiture, un sac à main ou un sceau du KFC!!! Je connais rien au foot, je connaissais même pas de nom lui mais en tant que footeux il peut se trouver pleins d’autres meufs sans se faire afficher.

Kaaris parle de « liqueur de chatte » mais ce que beaucoup de personnes ignorent c’est qu’en 2008, tu parlais déjà de « sperme en canette ». Est-ce que tu te rappelles du morceau dans lequel tu disais ça ? (rire)

Hum… « Un Verre de Trop » non ?

Non ! Dans « Gode Monseigneur Mike » ! Tu te rappelles dans quel état d’ésprit tu étais quand tu as fait ce morceau ?

Ouais très bien ! J’avais fait ce son quand j’avais quitté Universal et ça ne devait pas être un morceau de « cul » à la base. Je savais bien que beaucoup de personnes ne m’aimaient et étaient contents que le label me rende mon contrat. C’était ma manière à moi d’aller dire à tous ces gens là d’aller se faire enculer (rire). A la base je voulais même faire un clip dans lequel on voyait un hater recevoir mon gode par Fedex mais ça ne s’est pas fait (rire).

Et c’est à ce moment là que tu as eu l’idée de faire ta propre marque de Godes?

Oui ! J’étais manager de plusieurs actrices porno et j’ai eu l’idée de pousser mon délire au maximum en réalisant des vidéos avec des filles qui utilisent mon Gode.

Et on pouvait trouver tout ça sur le site monseigneurmike-city.com…

Yep… Et j’ai réussi à vendre pas loin de 300 godes à 60 euros. Ce qui était ouf pour ce qui était juste un délire à la base.

Et ce site est devenu le fameux Asstronaute.fr… Comment t’es venu l’idée de produire des vidéos vixens ?

Naturellement. Déjà je n’ai jamais fait de clips « ghetto » en bas des bâtiments avec des mecs en bécane. J’ai toujours fait des clips avec des meufs. Et comme je les connaissais toutes et que j’allais aussi fréquemment voir la section « Eye Candy » sur le site Worldstarhiphop, je me suis ne dis pourquoi pas faire ce délire là- en France. Sans aucun calcul de business, juste pour le fun comme d’hab.

Je me suis un peu renseigné sur le sujet et j’ai remarqué que c’était devenu carrément un business…

Oui plus aux Etats-Unis qu’en France mais c’est clairement un biz en devenir. Je me rappelle à l’époque de Golden Boy, j’avais fait un son qui s’appelait « Miss Météo ». J’avais contacté Ayisha Diaz (NDLR : vixen très connue au States) et elle était même pas chère pour un clip! Ca a beaucoup changé ça maintenant les vixens font vraiment des sous là bas il y a tout un game entre le hosting, le bartending et le strip… C’est même pas les clips. Avec leur puissance dans Insta elles peuvent ramener du monde en boite et elles se font payer pour ça!! Y a plus la tête du dj sur les flyers aux Etats-Unis, c’est les vixens les stars!!! Et c’est ce qui est entrain d’arriver ici en France. Et sans me vanter, c’est Asstronaute qui a apporté ça ici.

J’ai aussi lu que ces femmes là ont souvent à faire à des agents véreux qui leurs promettent monts et merveilles… Ce n’est donc pas trop dur pour toi de recruter après ?

Non car il y a mon site qui me sert de référence. Quand les filles vont sur mon site et qu’elles voient qu’il y a toutes les meufs du game, ça les pousse à travailler avec moi et à être sur Asstronaute. Les agents ou managers bizarres n’ont rien à montrer mais surtout le biz n’est même pas encore arrivé ici. Il y a même pas encore tellement d’argent donc c’est quoi la motivation de ces « agents »??? (rire). Il yen a un qui m’a contacté il m’a dit « Mike je peux dire aux meufs que je taffe avec toi?? » (rire). Le seul réel problème que je rencontre c’est que les filles craignent la réaction de leur entourage, leur famille ou leur gars qui n’acceptent pas que leurs filles fassent des vidéos sexys…

Et des vidéos Vixens, tu es carrément parvenu à faire les fameuses soirées « Asstronaute ». Ce n’est pas trop difficile d’instaurer ce genre de soirées en France ?

Bien-sûr que si ! Je suis borderline avec ça ! J’ai déjà- été convoqué par la Mondaine…

Revenons à la musique maintenant… Tu as des origines Guadeloupéennes. Pourquoi ne jamais l’avoir clamé dans des chansons comme le font la plupart ?

C’est mes origines mais ce n’est pas ma culture. Ma mère a quitté la Guadeloupe jeune et moi je n’ai jamais été en contact avec cette culture j’ai été là- bas une fois quand j’avais 5 ans. En plus, elle est partie de là- bas très en froid avec sa famille. Du coup, on a gardé aucune attache je ne parle pas créole non plus… Voila pourquoi je n’en parle jamais dans mes sons. J’y suis retourné pour la première fois avec ma femme et mon fils là en avril dernier et j’ai kiffé.

Moi qui te suit depuis plusieurs années, on sent que tu es un grand fan de cinéma mais aussi de films de gangsters, je me trompe ?

Je kiffe à mort le cinéma mais pas que les films de gangsters. Je suis un grand Fan de Star Wars (rire)! D’ailleurs j’étais comme un gamin lorsque j’ai été voir l’épisode 8 (rire). Et sinon je suis un grand fan de Tarantino, Scorcese, Inaritu, Frères Cohen, Guy Ritchie… Mon nouvel album s’appelle « Fictions Pulpeuses »…

Il était donc logique que tu finisses derrière une caméra avec la sortie de ton premier court-métrage ?

Oui… Depuis mes débuts, je me suis toujours occupé des visuels tout seul. Je suis d’une époque où réaliser son clip tout seul ou le faire réaliser par un pote avec un appareil photo ça existait pas (rire). Quand j’ai commencé à filmer c’était pour mes séquences de Gode Monseigneur Mike. Depuis la technologie permet de faire du semi pro et même du pro avec du matériel en vente à la Fnac. Je fais tous mes clips depuis « Golden Boy » mais mon vrai défi futur c’est de réaliser de la fiction.

Revenons donc à ton premier court métrage « Cassandre ».

Dans cette histoire je joue un pimp qui exerce une influence sur une escort. Finalement j’ai peut-être pas autant d’emprise sur elle que je crois mais là je t’en dis déjà- trop. A l’époque j’avais déjà envie de clipper le morceau « Jackie Brown » mais c’était hors de prix. Maintenant c’est accessible. D’ailleurs je pense réaliser « Jackie Brown » avec une suite un de ces jours…

Donc on doit s’attendre à ce que « Fictions Pulpeuses » soit ton dernier album ?

Ouais, je continuerai à sortir des petites tapes dans Asstronaute mais je ne me concentrerai plus sur un vrai album. Pour moi un album c’est pas juste 15 titres, c’est le fruit d’une réflexion avec plusieurs moods et je me vois plus faire ça. Et comme je n’ai aucune attente commerciale…

Tu as un mode de vie particulier… Est-ce que ce n’est pas difficile de gérer d’un coté le fait que tu sois producteur de vidéo Vixens et de l’autre le mec casé et père de famille ?

Je ne pense pas que j’ai plus de problèmes que d’autres gars. Je faisais déjà ces trucs là quand elle m’a connu et puis je fais pas QUE de la vidéo de vixen. Après ma femme est aussi ouverte d’esprit. Elle était présente à ma dernière soirée Asstronaute, elle assiste à certains de mes shoots. En mode cool.

Tu as remixé plusieurs titres de Booba. Est-ce que ce rappeur t’inspire ?

De fou j’ai même encore fait un remix de « Terrain » mais je l’ai foiré alors je l’ai pas balancé. Lyriquement, il m’a toujours mis la claque, il se la raconte à la mort ça me parle et puis niveau bizz il a fait un sans faute. Ca bouge pas. J’ai même bien aimé son Whisky (rire).

Moi qui te suit depuis plusieurs années, je trouve que toi et la sappe c’est une grande histoire d’amour non ?

Non pas du tout (rire). Je suis pas du tout un gars Fashion et je suis dépassé avec la manière dont les petits s’habillent aujourd’hui. C’est vrai qu’à l’époque, je faisais attention. J’avais toujours ma paire d’Air Force blanches, un baggy Akademiks taille 44 US avec un petit jersey NBA mais maintenant je suis perdu (rire).

Le rap, la musique préférée des français. Qu’en penses-tu ?

Question intéressante… Je suis content mais je pense qu’on est sous-représentés dans les médias par rapport à tout ce que le rap rapporte financièrement. Ca reste une musique marginale alors que c’est la musique numéro 1 dans le monde. En France, le rap est toujours associé à la cité et donc aucune marque ne veut se mélanger avec un rappeur pour du sponsoring / co-branding. Quand j’avais été à New-York, je voyais des panneaux géants avec des rappeurs comme Snoop ou Eve représenter des marques comme Sprite, Reebok ou une chaine de Fast Food et ça c’était en 2003!!! Tu ne verras jamais l’équivalent en France! Au final, les seuls qui en profitent c’est les maisons de disques.

Le mot de la fin Mike ?

Je ne suis pas bon là-dedans ( rire). Rendez-vous le 6 juillet pour l’album et le court-métrage. Et pour la suite on verra… Merci à toi !!

fictions et cassandre bandeau

Album « Fictions Pulpeuses » et court-métrage « Cassandre »

Interview by Badr Filali

 

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